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18e dimanche ordinaire - Interbible, Canada

Année liturgique 2015-2016 [C]


Les rabbins, chez le peuple juif, ont toujours été considérés comme des maîtres de sagesse. On s’adressait à eux pour éclairer un article de la Loi, mais également pour leur demander conseil sur la manière de bien s’acquitter des devoirs familiaux, des rapports envers les subalternes ou simplement sur la manière de vivre en harmonie avec les autres. Ils étaient en somme, la référence, pour ne pas dire la conscience du peuple, car ils étaient instruits et donc formés pour exercer ce rôle.

Le Rabbi, Jésus


 Jésus, sans avoir reçu la formation rabbinique, comme plus tard saint Paul, était couramment appelé Rabbi par son entourage et aussi par les gens qui venaient l’entendre. C’est pourquoi il lui arrivait souvent d’être questionné sur des points litigieux réservés justement aux rabbins professionnels. L’évangile de ce jour nous en donne un bel exemple : Du milieu de la foule, un homme demande à Jésus : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage (Luc 12, 13). Jésus le décevra. Il se servira de ce refus pour donner un enseignement sur le danger d’amasser comme si la vie ici-bas ne devait jamais finir : la vie d’un homme ne dépend pas de ses richesses (v. 15).

La mission du Rabbi Jésus


 Jésus ne veut pas être confondu avec les maîtres juifs. Là n’est pas sa mission : Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? (v. 14). Mais quelle est donc cette mission confiée par le Père si ce n’est celle de révéler à l’humanité où se trouve la vraie richesse ? Aussi son enseignement sera d’une clarté indéniable. Non, dira-t-il, la vie et le bonheur terrestres ne se trouvent pas dans les richesses et encore moins dans l’accumulation de ces richesses. Et pour être assuré que son message est bien compris, il leur sert, à sa façon, une parabole qui viendra attester ses dires.

Un désir tenace


 La parabole de l’homme riche (vv. 16-21) racontée par Jésus prolonge, si on peut dire, la réflexion tenue par Qohélet au livre de l’Ecclésiaste : Tout est vanité ! Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue ? (Ecclésiaste 1,1.22). La consommation à outrance prêche le contraire. Le désir d’accumuler des biens est tenace. Mais cette âpreté au gain, (Lc 12,15) selon l’expression employée par Jésus, met en garde contre le souci exagéré de posséder les biens qui passent. Ces biens n’ont pas le pouvoir d’engranger les joies ni d’éviter les peines.

Tous égaux devant Dieu


 Jésus ne veut pas fustiger les riches ni porter aux nues les pauvres. Il veut signifier que les gens ne sont pas jugés à l’aune de la richesse ni à celle de la pauvreté. Devant Dieu nous sommes tous égaux. Saint Paul aussi prêchera l’égalité lorsqu’il dira aux Colossiens qu’il n’y a plus de barbare, de sauvage, d’esclave ni d’homme libre (Colossiens 3, 11) mais qu’il n’y a que le Christ. Même si un humoriste bien connu a lancé : Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade, cela demeure une boutade si ce n’est une évidence. Cependant j’ai vu souvent des enfants d’origine modeste heureux parce qu’ils avaient pour richesse des parents aimants et présents. J’en ai vu d’autres vivant dans l’abondance mais malheureux comme les pierres parce que pauvres d’attention et d’affection. Qui peut en témoigner ?

Une réponse au projet de Dieu


 Le vrai bonheur est ailleurs. Il est au-delà des possessions matérielles. Les épreuves atteignent tout homme et toute femme vivant sous le soleil, les biens nantis comme les moins favorisés. Le vrai bonheur se situe à un autre niveau. Comment y réfléchir ? Je risque un filon. Une vie d’homme et de femme centrée sur sa personne, sur ses biens, sur son confort, sur l’étalage de ses richesses, sur la compétition n’a pas de sens : Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même dira Jésus (v. 21). Comme je m’adresse à des croyants j’ajouterais que la vie sur cette terre trouve sa réalisation dans sa conformité au projet de Dieu sur nous. Et que la vie, toute la vie, consiste à le découvrir.

Le pourquoi et le comment vivre


 En relisant l’évangile, d’aucuns se demanderont si les richesses, gagnées honnêtement et laissées en héritages sont mauvaises. Ce sont là des réalités humaines. Ce qui importe c’est d’en relativiser l’importance. Il ne s’agit pas d’imiter les ascètes et de se retirer au cloître. C’est là un appel particulier. Toute la question porte sur le pourquoi vivre sa vie et sur le comment partager ce qu’elle nous offre.


Ghislaine Salvail, SJSH
Bibliste, Saint-Hyacinthe



Le détachement des biens de ce monde : Luc 12, 13-31
Autres lectures : Ecclésiaste 1, 2 ; 2, 21-23 ; Psaume 89(90) ; Colossiens 3, 1-5.9-11

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