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18e dimanche du temps ordinaire - Interbible Canada

Année liturgique 2014-2015 [B]


Un pain venu du ciel


Nos motivations concernant notre devenir en tant qu’adulte ont-elles toujours été très claires ? Je ne parle pas de sincérité mais de clarté. Les vraies surgissent au fur et à mesure que la vie se déroule. À titre d’exemple, prenons le fameux pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. Cette décision d’entreprendre ce voyage vient souvent d’un goût pour l’aventure. Mais la recherche spirituelle, non encore identifiée, peut sommeiller dans le cœur du pèlerin. La décision d’entrer au monastère est de cet ordre aussi. Mais il se peut qu’une fois le seuil du couvent franchi, le désir de consacrer toute sa vie au service de Dieu exige un sérieux discernement. Il faut du temps pour qu’apparaisse le vrai motif.


La popularité de Jésus


 Les deux exemples cités plus haut seront tour à tour soumis à l’épreuve du temps. Une prise de conscience se chargera de faire la lumière. Aujourd’hui l’évangile nous montre clairement que Jésus n’est pas dupe de sa popularité et de son succès. D’ailleurs il le fait savoir on ne peut plus clairement : Vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés (Jean 6, 26). Comme on le sait, le projet de Jésus sur l’humanité est d’un tout autre ordre. Ces pains matériels sont révélateurs de ce que Jésus est vraiment : Le pain de la vie (v. 35). Mais la foule a encore trop faim du pain du jour.


Le mystère du pain


 Le thème du pain est un thème récurrent dans la bible. Ainsi le livre de l’Exode, choisi en première lecture, nous raconte l’histoire de la manne ramassée au petit matin par les Hébreux au désert. Eux aussi étaient affamés et eux aussi ont été rassasiés. Et Moïse de leur dire : C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger (Exode 16, 15). Ont-ils mieux saisi que la foule entourant Jésus ? Permettons-nous d’en douter. Le temps n’est pas encore venu pour eux d’en saisir le mystère. Dieu a toujours eu à cœur de nourrir son peuple en marche vers la Terre Promise. Il veut aussi le nourrir de sa Parole, de son Esprit et surtout de sa Vie offerte en Jésus. Oui, l’amour du Père ira jusqu’à la démesure : donner son Fils en nourriture.


L’importance de la parole


 Si la nourriture est essentielle à la vie, d’une certaine manière la Parole l’est tout autant. Pourquoi la solitude pèse tant lorsqu’elle est imposée par la perte d’un être cher ou par les circonstances de la vie ? Pourquoi avons-nous besoin d’écouter les nouvelles à la radio ou à la télévision ? C’est pour entendre l’autre nous donner des informations au sujet de la santé de la planète ou de sa folie guerrière. On a besoin de se nourrir d’une parole autre. Rien de plus crucifiant qu’un conjoint ou qu’une conjointe qui pratique consciemment le mutisme. Autant s’éloigner physiquement l’un de l’autre diront certains. Un enfant à qui on ne parle pas aura du mal à communiquer avec ses semblables le temps venu. La parole est essentielle aux rapports humains. Elle est le propre de l’être intelligent. Les animaux communiquent mais autrement. La parole est le fleuron de l’humanité pensante.


Jésus, celui qui rassasie


 À ceux qui lui demandent un signe, en faisant allusion à la manne au désert, Jésus répond : C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel et qui donne la vie au monde (vv. 32-33). Il fait allusion à sa propre personne, à sa propre mission : nourrir le monde. Et devant la demande explicite des gens venus l’entendre : Donne-nous de ce pain-là, toujours (v. 34). Jésus répond sans nuance cette fois : Moi je suis (ce pain-là) le pain de la vie (v. 35). Cette affirmation avait quelque chose d’inouï, d’irrecevable pour ses contemporains. Et que dire pour les gens d’aujourd’hui ? Cette parole est tellement forte et tellement mystérieuse que certains refusent toujours de l’accueillir.


Le cœur qui reçoit


Comme catéchète, j’ai longtemps accompagné des enfants pour la première de leur communion eucharistique. Plusieurs avaient le cœur préparé par des parents croyants et ouverts au mystère eucharistique. Ils avaient faim d’entendre les paroles de Jésus. Ils avaient hâte de le recevoir dans leur cœur. D’autres avaient des intuitions surprenantes, je les appelais mes petits théologiens. D’autres enfin avaient une facilité étonnante à s’intérioriser quand venait le temps de la prière. Des mystiques en herbe quoi ! Bien sûr, nous déplorions leur absence dans l’assemblée dominicale. Mais nous faisions confiance. Dieu n’est pas à court de miracles : des chemins imprévisibles, des rencontres insolites peuvent raviver la faim de Dieu chez plusieurs de ces enfants une fois devenus grands.


Ghislaine Salvail, SJSH
Source : Le Feuillet biblique, no 2449.


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