17ème dimanche, Sr Bénédicte Rollin

Ordinaire - Ordinario - Ordinary

 

FOUS DE BONHEUR
 
Vendre tout ce qu’on possède … encore un évangile de radicalisme, un texte qu’on risque donc d’aborder avec un certain automatisme moralisant : « et moi, suis-je capable de tout vendre ? » - surtout si l’on est religieux, et donc, en principe, professionnel du « tout quitter » ! Et là, bien sûr, nous guette l’auto-condamnation, car on sait bien les multiples attaches qui nous retiennent sur le chemin de la pauvreté évangélique. On n’est pas tous François d’Assise, et on a fini par s’y résigner.
 
Faut-il pour autant "faire l’impasse" sur ce texte qui ne serait pas pour nous ?
 
Regardons-le de plus près, et arrêtons-nous sur le début des deux histoires que Jésus raconte, histoires très courtes mais très suggestives si l’on entre dans le texte par l’imaginaire : il y a d’une part un chercheur qui trouve enfin ce dont il a rêvé toute sa vie, non plus « une » perle, mais "LA" perle, et d’autre part un veinard qui trouve, par hasard, le trésor qu’il n’aurait jamais pu imaginer – la chance de sa vie ! L’accent est mis en premier sur cet instant magique : la trouvaille… Il faudrait voir la tête des deux personnages, leur regard, leur bouche ouverte, la respiration coupée… Jésus évoque là par deux fois un moment de bonheur inouï, un bonheur qui vous saisit de la tête aux pieds, qui vous traverse les entrailles, qui fait peur même par sa soudaineté et son intensité, un bonheur jusqu’alors jamais éprouvé, qui envahit l’horizon de la tête et du cœur, devant qui tout pâlit et s’efface. Ce bonheur que les deux paraboles suggèrent si bien même dans leur sobriété, c’est le bonheur de Jésus lui-même, ce tressaillement d’allégresse dont nous parlait l’évangile du 14ème dimanche.
 
La question qui nous est alors posée n’est pas tant : « ai-je assez de générosité pour tout vendre ? », que : « ce bonheur, l’ai-je éprouvé, au moins une fois dans ma vie ? » Et puis : « est-ce que j’y crois encore ? Est-ce-que, par la grâce de l’Esprit, il peut renaître en moi ? Peut-il devenir le moteur secret de ma vie quotidienne ? » La parabole du trésor invite à regarder notre vie avec le regard du petit Prince : « ce qui fait la beauté du désert, c’est qu’il cache un puits quelque part ». Si le bonheur du Royaume est caché dans le champ de ma vie, alors il ne faut rien rejeter, au contraire, il faut tout accueillir, tout embrasser !
 
Ce texte nous invite à demander la grâce d’être "fou de bonheur", c’est-à-dire en fait d’être vraiment sage, de cette sagesse que demande le roi Salomon (1ère lecture). De cette sagesse qui est liberté et légèreté (« dégagement joyeux » dirait Marie-Eugénie) et qui vient lorsqu’on comprend que « Dieu fait tout contribuer à notre bien » (2ème lecture). C’est la sagesse des Béatitudes.
 
Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord
 

 


À voir sur le web

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre