16e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire (2)

- Le mot d’explication :

Propre à Matthieu la parabole de l’ivraie (13, 24-30) comporte une explication détaillée (13, 36-46), qui ne correspond pas pleinement à la pointe de la parabole elle-même.
La parabole cherche à provoquer une réaction chez l’auditeur concerné. L’explication est une actualisation de la parabole de Jésus par l’évangéliste : il en actualise l’application à son auditoire. La parabole est ainsi transformée en allégorie.
La parabole de l’ivraie invite à la patience dans le temps présent ; son explication déplace le message : il faut faire confiance au jugement décisif du Fils de l’homme.

- Méditation :

La liturgie du jour nous présente une série de paraboles : celle de l’ivraie ; puis deux paraboles jumelles qui disent que du plus petit sort le plus grand : la plus petite semence devient un grand arbre et un peu de levain suffit à faire lever toute la pâte. Dans les deux cas, il faut attendre avec patience, car il faut du temps pour que la graine croisse et devienne un arbre et il faut du temps pour que la pâte lève. La graine doit être semée, le levain doit être enfoui ; c’est la loi du Royaume en somme : pour porter du fruit il faut mourir à soi.
C’est encore à la patience qu’invite la parabole de l’ivraie. L’homme n’a semé que du bon grain dans son champ et voilà pourtant que de l’ivraie pousse en même temps. Les serviteurs n’y comprennent rien ! Le maître, lui, est omniscient : il sait que c’est un ennemi qui a semé l’ivraie. Il donne l’information à ses serviteurs, mais sans ne livrer aucun sentiment, ni colère, ni dépit, ni désir de vengeance... Plus surprenant encore : il commande de laisser croître ensemble l’ivraie et le bon grain. La raison en est que du bon grain pourrait être arraché en même temps que l’ivraie. L’attention du maître ne s’arrête donc ni sur l’ennemi, ni sur l’ivraie. L’important est que le bon grain pousse ; pour le reste on verra bien au temps de la moisson ! Il faut accepter que le Royaume soit une communauté où se mêlent le bien et le mal. Il n’appartient pas à l’homme de juger d’ailleurs ; cela appartient à Dieu et se fera au jour du jugement dernier comme le précise l’interprétation donnée aux disciples. D’abord une explication qui porte sur les principaux termes de la parabole : celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme, le champ... Puis intervient une petite apocalypse qui porte sur le jugement à venir : sont présentés d’abord les anges comme auxiliaires du Fils de l’homme, pour extirper du Royaume tous ceux qui commettent l’iniquité. Enfin est évoqué le rassemblement des justes qui resplendiront dans le Royaume de leur Père. Selon cette interprétation, l’accent porte sur le jugement et non sur le temps intermédiaire.
Alors leçon de patience, mais appel aussi à convertir son regard : voyez le grain qui pousse, la pâte qui lève, l’arbre qui grandit... comme une invitation à voir dans l’obscurité des événements du monde ce qui donne vie...

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

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