Vous êtes ici:

16e dimanche du T.O. - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2014-2015 [B]

L’odeur des brebis…

Elles sont là ! Elles sont là ces foules que fuyaient les disciples fatigués par leur première mission apostolique. Jésus les avait invités à "venir à l’écart et se reposer un peu…". Mais voilà que les foules les ont suivis et même devancés ! Si grande est la faim des gens…

L’évangéliste, qui raconte les évènements du point de vue des disciples, tourne alors l’attention du lecteur vers Jésus. Vers son regard. Il voit les foules et il est "saisi de compassion". Le verbe utilisé ici évoque une émotion très forte, qui se sent dans les entrailles. Jésus est saisi d’émoi car ces foules sont "comme des brebis sans berger". Une brebis sans son berger est perdue ! Elle ne sait trouver ni le chemin du bercail, ni ou se nourrir et boire, elle ne sait pas se défendre et risque fort de tomber dans la gueule du loup ! Ainsi apparaissent les gens aux yeux de Jésus. Certes, à son époque les gens n’avaient pas de berger au sens de leader politique (le berger est un symbole classique pour le roi dans la littérature antique et dans la Bible), ils étaient même la proie des prédateurs, riches propriétaires fonciers ou occupants romains. Mais leur détresse à ce niveau, si réelle qu’elle soit, n’est pas l’essentiel pour Jésus. Quelle action provoque en lui ce regard sur les foules ? Il se met à les enseigner longuement.

La détresse principale des foules est un manque de sens. Ils ont besoin de la Parole, de la Bonne Nouvelle. Et Jésus ne se fatigue pas de la leur donner, longuement.

La suite du récit, qui n’est pas reprise dans les textes liturgiques, nous montre que les disciples, qui finissent sans doute par perdre patience, suggèrent à Jésus de renvoyer la foule et reçoivent alors l’étonnante mission de leur donner eux-mêmes à manger…

L’évangile de ce jour est donc une invitation à se mettre à l’école de la compassion de Jésus. Cette invitation nous surprend, pour certains d’entre nous, au beau milieu des vacances, dans un moment où on a plutôt envie de se "reposer un peu", mais "la charité n’a point d’heure" disait Mgr Rhodain, fondateur du Secours Catholique !

Il nous faut encore et encore nous laisser toucher, atteindre, pénétrer, comme dit le pape François, par l’odeur des brebis, au moins dans la prière. Si nous sentons que nous n’en avons pas la force ou même l’envie, nous devons les puiser en Lui, le Bon Berger, qui fait entrer ses disciples dans la compassion du cœur de Dieu.

Sr Bénédicte Rollin, ra
Vilnius, Europe du Nord

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

Derniers articles

S'inscrire à l'info-lettre