Vous êtes ici:

13e dimanche du temps ordinaire - Sr Bénédicte Rollin

Année liturgique 2016-2017 [A]

Oser vivre "grandement"

Rude, l’évangile d’aujourd’hui… une parole-glaive qui pénètre au fond du cœur et en juge les intentions secrètes, comme le dit la Lettre aux Hébreux. Quand Jésus parle ainsi, jouant de paradoxes et de provocations, c’est qu’il a quelque chose d’important à dire ! Essayons donc d’écouter. Au moment même où Jésus met à nu nos résistances secrètes, osons Lui faire confiance.

La première provocation, c’est d’aller apparemment contre un des dix commandements, celui d’aimer son père et sa mère. Jésus réclame d’être préféré, même à eux, et, dans la même foulée, même à nos enfants ! Que veut-il dire ? Certainement pas de négliger les personnes que Dieu lui-même a confiées à notre amour. Dans l’évangile on voit bien le souci que Jésus a de la famille. Son avant dernière parole avant de mourir ne montre-t-elle pas le souci aimant qu’il a de sa mère, en la confiant au disciple bien aimé ? Mais justement cet épisode peut nous éclairer sur le sens de l’exigence proclamée dans l’évangile d’aujourd’hui. Au moment où Marie perd son fils unique et bien aimé, Jésus lui demande de s’ouvrir encore plus à l’amour, d’aimer encore davantage, et il la fait accéder à la plénitude de sa maternité en accueillant un autre fils… et bien d’autres avec lui. Jésus ne peut qu’inviter à la plénitude de l’amour, filial, paternel ou maternel, fraternel. Si nous voulons accéder à cette plénitude, le moyen c’est donc de Le mettre Lui à la première place et de se mettre à son école comme Marie. C’est seulement ainsi que nous aimerons grandement.

Autre provocation : jouer à qui perd-gagne ! Alors que notre instinct le plus viscéral nous pousse à l’autoprotection, à la survie à tout prix, Jésus nous dit que sauver sa vie, ce n’est pas la même chose que sauver sa peau… "Tout ce qui n’est pas donné est perdu" disait le père Ceyrac. Le meilleur moyen de se réaliser, de réussir sa vie, c’est donc de la risquer en se donnant complètement, même quand ce don prend la figure de la croix. Avec le Christ donnons grandement.

Dernier paradoxe de ce texte : si nous avons peur de diminuer, de perdre notre dignité ou notre valeur en suivant Jésus, rassurons-nous. Nous avons une valeur incroyable, démesurée, puisque qui nous accueille accueille le Christ et même le Père ! Reconnaissons notre grandeur, accueillons le prochain dans sa grandeur… et vivons "grandement" !

Sr Bénédicte Rollin, r.a.
Vilnius, Europe du Nord


Lectio 13ème dimanche A. Mt 10,37-42

Dans la même rubrique


Ajouter un commentaire



Informations légales

Ce site est édité par "Religieuses de l’Assomption" :

Ecusson
  • Religieuses de l’Assomption - 17, rue de l’Assomption 75016 Paris - France
  • Tél +33 (0) 1 46 47 84 56
  • Fax + 33 (0) 1 46 47 21 13

S'inscrire à l'info-lettre