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 ::08 :: Plus chanceux que Zachée

ADORATION

C’est avec une foi très vive, très ardente que nous devons nous tenir en présence de notre Seigneur au très saint Sacrement. [1]. Là, il nous désire, nous appelle, nous attend. Il est là, toujours prêt à recevoir ce que nous lui donnons, pour en renvoyer l’honneur et l’adoration à son Père. Il est le parfait modèle du désintéressement. [2]

Comme lui, il faut dire : “C’est pour vous seul, ô mon Dieu, que je suis ici. Vous êtes le tout de ma vie. Mes pensées, mes fatigues, mes affections sont toutes pour vous. Bien que je ne puisse être toujours à vos pieds, ma vie doit être, en un sens, une prière continuelle. Il faut que la prière soit l’âme de ma vie, que chacune de mes pensées, de mes occupations se rapporte à cette plénitude avec laquelle je veux être à vous”.

Pour être de vrais adorateurs, la première condition c’est la vivacité de la foi qui habitue l’âme à toujours voir notre Seigneur derrière les espèces sacramentelles. Sainte Thérèse se moque gentiment quelque part des gens qui regrettent de n’avoir pas vécu en même temps que notre Seigneur. Pourtant, l’approcher pendant sa vie mortelle, le voir, toucher ses vêtements, recevoir sa parole, l’entendre enseigner ses Apôtres, contempler son regard, sa divine beauté, sa divine bonté, c’était une grande grâce, un grand bien, un grand don ! Certainement saint Jean, saint Pierre, sainte Marthe, sainte Madeleine, tous ceux qui ont vécu dans l’intimité de notre Seigneur ont été bien privilégiés. Personne n’ignore qu’un seul regard de Jésus a transformé Pierre, que ce regard a agi aussi profondément sur la pauvre Madeleine. Jésus regardait un pécheur, et ce seul regard faisait de ce pécheur un Apôtre.

Oui, c’était une grande grâce, mais nous n’avons rien à leur envier : nous avons notre Seigneur au milieu de nous dans le saint Sacrement. Sainte Thérèse reprend : “Si j’avais été en Judée du temps de notre Seigneur, je n’aurais pas pu le voir de plus près, ni surtout m’approcher de lui d’une manière aussi continuelle. La foule aurait été entre lui et moi, comme pour ce pauvre Zachée qui fut obligé de monter sur un arbre pour le voir passer, parce qu’il était petit.

Au saint Sacrement notre Seigneur est toujours près. Il faut seulement rendre notre âme très attentive à sa présence, et nous pénétrer tout particulièrement de cette divine présence, quand nous le recevons dans la sainte communion. Non seulement alors il entre dans notre maison extérieure, comme il allait chez Madeleine, mais il descend dans la maison intérieure, au fond de notre cœur, où nous pouvons nous tenir à ses pieds, répandre nos larmes, nos désirs, et obtenir toutes ses grâces. Voilà pourquoi sainte Thérèse trouvait et pouvait dire qu’elle avait plus notre Seigneur que si elle l’avait approché dans sa vie mortelle.

Un jour, on est venu dire à saint Louis qu’un grand miracle s’était opéré dans une des églises de Paris, que le visage adorable de notre Seigneur apparaissait dans la sainte hostie. Comme on le pressait de s’y rendre : “Je m’en garderai bien, dit le roi, je crois à la présence de notre Seigneur dans la sainte Eucharistie, et je diminuerais un peu le mérite de ma foi, si j’allais voir un pareil miracle”. Nous en sommes tous là : comme saint Louis, nous n’avons pas besoin de voir un miracle pour croire à la présence réelle. Mais nous avons besoin de nous renouveler souvent dans ces pensées.

Dieu nous a appelés pour que nous compensions par une vie de prière, par des hommages plus continuels envers la sainte Eucharistie, par la reconnaissance et l’adoration de ses perfections infinies, ce qui lui manque du côté de tant d’indifférents et de pécheurs. Il nous a appelés encore pour travailler à établir son règne dans nos âmes, et qu’ainsi nous soyons appliqués à réparer tout ce qui lui est contraire dans le monde.

A cette pensée d’adoration et de reconnaissance doit s’ajouter celle de la réparation, du supplément, de l’expiation pour les pécheurs. Qu’alors notre don soit très ardent, très continuel, très complet.

Ce choix de Dieu, cette bonté de Dieu, cette miséricorde de Dieu ne devrait-elle pas, à elle seule, nous faire nous donner tout entiers avec empressement, et rendre nos hommages, nos adorations, nos prières, notre amour à celui qui nous a tant aimés ?

D’après des chapitres du 18 juillet et du 1er et 22 août 1875 de Mère Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption


[122 08 75

[218.07.75


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