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06 - Homélie de Monseigneur Michel Cartatéguy, Evêque de Niamey

57 - Spécial canonisation - février 2008

Dans un livre intitulé : “l’éducation à l’Asso-ption” j’ai lu cette phrase qui a retenu mon attention. "Aujourd’hui Marie-Eugénie nous inviterait à croire à l’utopie du Royaume". Croire - Utopie - Royaume, voilà des notions bien abstraites qui feraient buter les meilleurs élèves de philosophie. Jésus qui parle aux petits se demande d’ailleurs : "Ce Royaume, à quoi vais-je le comparer, à quoi le règne de Dieu est-il comparable ?" Qu’est-ce que croire à l’utopie du Royaume, cette invitation de Marie-Eugénie ? Jésus donne deux réponses imagées. Car aucune définition ne peut circonscrire le Royaume.
D’abord Jésus nous invite à ne pas chosifier le Royaume. Il est impossible de le représenter exactement car il est vivant, il est changeant, à chaque instant il grandit dans le cœur de ceux qui l’accueillent.

Comparer le règne de Dieu à un grain de moutarde, cela veut dire qu’il est minuscule, puisque invisible à l’œil nu. Pour se rendre compte qu’il est parmi nous, pour se rendre compte de sa présence il nous faut ouvrir les yeux de la foi.
Marie Eugénie a ouvert grandement les yeux de la foi pour découvrir ce que les autres ont du mal à découvrir.
- Elle voit le Père habiter le cœur de cha-cun de nous.
- Elle voit que la parole de Dieu est fer-ment libérateur.
- Elle voit que le monde n’est pas une terre d’exil mais un lieu où la gloire de Dieu est rendue possible.
- Elle voit que chacun de nous a une mission
- Elle voit que cette mission demande courage et foi.
- Elle voit avec les yeux de la foi parce que dit-elle mon regard est tout entier tourné en direction de Jésus Christ pour faire grandir son règne dans le monde.
Je vous invite à regarder son regard, c’est un regard de foi qui voit l’invisible du Royaume et l’utopie du ciel.

Le Règne de Dieu n’est pas comparable seulement à une graine de moutarde, mais il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a jeté dans son jardin. La graine n’est rien sans l’homme qui la jette en terre. Pour s’établir, le règne de Dieu a besoin de la collaboration de l’homme. Il choisit de dépendre de lui dès sa fondation. Les yeux de la foi nous permettent de voir que Dieu ne peut rien faire seul, qu’il a besoin de nous non pour la forme mais réellement. Marie-Eugénie a fait de la collaboration une stratégie dans l’éducation. Le travail communautaire apparaît comme une toile de fond de toute œuvre éducative à l’Assomption dit un document. Le travail communautaire promeut la rencontre des personnes et le dialogue. Il requiert un travail d’équipe, développe la co-responsabilité entre les membres et favorise des relations de partenariat.

Jésus compare aussi le Royaume à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine. Le travail quotidien d’une femme à son pétrin, nous révèle que le Royaume est présent dans notre quotidien et qu’il détient une force inimaginable. Cette femme fait du pain, un pain que Dieu nous offre chaque jour. Dieu nous donne son pain en nous invitant à être des boulangers.

Marie-Eugénie à travers ses sœurs et à travers tous ceux et celles qui s’inspirent de sa spiritualité continue à pétrir la farine de l’amour afin que le levain du Royaume en fasse une nourriture éternelle pour la vie de l’humanité.

Au cours de cette célébration, je prie pour que ce collège soit le lieu entier de l’éducation, telle l’a voulue Marie-Eugénie, mais aussi un lieu de passion et de contemplation pour le Royaume maintenant et pour les siècles de siècles. Amen !

Monseigneur Michel Cartatéguy,
Evêque de Niamey

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