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 ::05 :: Un bien infini qui aime à se répandre

BRAISES


Plus on avance dans la vie consacrée, dans l’amour, dans l’oraison, plus on doit comprendre le tout de Dieu et le néant des choses créées. Sans doute elles ont une valeur, puisque Dieu les a faites ; mais c’est en fonction de leur fin. Saint Ignace explique à merveille que, puisque l’homme est fait pour Dieu, la sagesse consiste à connaître Dieu qui l’a fait à son image et à aller à Dieu qui est sa fin. Tout le créé est fait pour l’homme en vue de Dieu. Ce n’est pas pour que l’homme en use et en abuse à son gré, pour qu’il se l’approprie, qu’il en fasse son plaisir et sa fin en ce monde. C’est pour servir à une fin plus élevée, et conduire l’homme à Dieu (1).


Dieu dans sa majesté habite au centre de l’âme. C’est vrai naturellement, parce que Dieu est partout. C’est vrai surtout, parce qu’au baptême la sainte Trinité s’empare de l’âme et y fait son habitation spéciale, tant qu’elle n’en est pas chassée par le péché. Dieu est là non seulement comme il est partout, mais il y est présent d’une manière spéciale, en se faisant connaître, en se faisant aimer.


Il y est par préférence, comme dans un sanctuaire. C’est pour cela que l’Écriture sainte appelle l’âme le temple de Dieu.


Mais à quoi bon cette habitation si on n’y fait pas attention. Si on ne rentre pas au dedans pour adorer celui qui y fait sa demeure ? Plus l’amour, l’adoration, la fidélité, la pureté de coeur, d’intention et de conduite augmentent dans l’âme, plus on entre dans cette demeure intérieure. Celui qui est au centre de l’âme comme le plus beau des soleils finit par faire sentir sa chaleur, sa clarté et sa présence d’une manière ou d’une autre. Quelquefois on la sent d’une manière douloureuse, car il y a une distance infinie entre Dieu et nous. Nous sommes des pécheurs, Dieu est la pureté même. Il y a donc une purification nécessaire, avant de nous approcher de Dieu.


Nous n’arriverons à cette vie intérieure, à cette attention à la présence de Dieu en nous, venant à nous pour nous communiquer son esprit, sa grâce, tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, que par un travail constant et persévérant (2) mais dans une grande confiance. Toute pensée contraire à la confiance n’est pas de Dieu. Les théologiens disent que Dieu est “un bien infini qui aime à se répandre” : Cette parole, est d’or et apporte une infinie consolation. Dieu est “diffusant le bien” qui est infini en lui. Dieu, en son essence, est un bien qui aime à se répandre, qui cherche les âmes pour se donner à elles. Il nous a cherchés.


Notre volonté est faible, mais la grâce peut la rendre forte, et si nous n’avons pas correspondu, remédions à tout par la confiance… Nous n’avons pas toujours été fidèles, mais le sang de Jésus Christ a passé en nous, il purifie tout et achève ce qui était incomplet.
Devant une pareille bonté, ce serait une injure de se méfier tant soit peu de Dieu. Si vous voulez que Dieu demeure en vous avec joie, songez à cette parole de notre Seigneur à sainte Gertrude : “Si je pouvais être malheureux au sein de la béatitude infinie, ce serait si je ne pouvais pas répondre à la confiance d’une âme qui se jette dans mes bras”.


Voyez quelle confiance nous devons avoir. À l’aide de la confiance, quelle générosité, quelle fidélité, quel respect, quelle charité, quel esprit de foi nous mettrons dans nos rapports avec lui et dans toute notre vie (3).


Sainte Marie-Eugénie,
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption



(1) D’après une instruction de chapitre du 20 août 1886.
(2) D’après une instruction de chapitre du 11 août 1878.
(3) D’après une instruction de chapitre du 20 juillet 1885.


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