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 ::04 :: Le grain de blé

SOUFFRANCE


Tomber comme le grain de froment sur la terre, y être effacé, y pourrir, enfin y mourir, c’est bien là ce que doit désirer qui veut tendre au plus parfait. D’ordinaire on se représente la perfection sous des dehors plus attrayants, plus brillants. Pourtant c’est ainsi que Notre Seigneur nous l’a proposée, se donnant lui-même en exemple : “Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit”. C’est au moment où notre Seigneur allait s’immoler, être mis au tombeau, qu’il nous donne cette leçon.


Tout le monde a des épreuves. L’important est de les voir sous le regard de Dieu, comme une manifestation de son amour et de sa miséricorde. C’est en effet l’amour et la miséricorde de Dieu qui donnent sens aux épreuves que nous avons en cette vie. Dieu qui nous aime désire en nous la pureté et la sainteté. Il nous procure des occasions de pratiquer la patience parfaite, ou l’humilité parfaite, ou la charité, ou la pauvreté, ou la soumission…


( De même que des parents consentent à une opération, voire une amputation, pour sauver la vie de leur enfant chéri, de même Dieu consent à l’épreuve qui peut provoquer un sursaut de générosité et sortir ses enfants de l’ornière de l’autosatisfaction ou de la médiocrité suffisante.)


Quelles sont les épreuves que Dieu nous envoie ? La maladie, à une personne qui aime agir - Pratiquer la patience vis-à-vis de personnes difficiles - Des conditions de travail pénibles… On se dit alors : "Si je n’avais pas cette maladie, ce travail, ces relations ! Tout irait sur des roulettes, je vivrais toujours sous l’action de Dieu, je lui serais bien agréable !" Dieu veut que nous fassions des actes de patience, et que nous établissions en nous la parfaite patience.


Dans l’exercice de la charité il y a souvent à souffrir, un prochain très désagréable à supporter. C’est là que la charité triomphe. Ce n’est pas quand on fait tout ce qui nous plaît. La belle merveille ! Les païens et les publicains le font, dit notre Seigneur. Faisons-nous beaucoup plus qu’eux quand nous aimons les gens qui nous rendent service ? qui cherchent à nous être agréables ? Au lieu de cela, Notre Seigneur veut que nous établissions en nous la parfaite charité vis-à-vis des contradictions.


Vouloir ce que Dieu veut, comme Dieu le veut, quand il le veut, et parce qu’il le veut, c’est le fond de la vertu véritable. A mesure que les événements se présentent, cherchons le dessein de Dieu. Soyons sûrs que nous sommes faits pour le meilleur, pour suivre notre Seigneur. Tomber comme le froment sur la terre, y disparaître, cela ne dit pas que nous devions parader et nous satisfaire, mais que nous devons tout accepter pour mourir à nous-mêmes, acquérir un grand et véritable amour pour notre Seigneur, et lui en donner des preuves.


Nous n’aurons probablement pas à souffrir le martyre, mais nous pouvons avoir l’amour des martyrs. Rappelons-nous toujours que de petites souffrances portées avec un grand coeur peuvent obtenir presque les mêmes effets que les saints ont obtenus par leurs grandes souffrances. A mesure que se présentent les petites épreuves, les petits sacrifices, comprenons que le moyen d’en tirer de grandes grâces, c’est de les porter avec un coeur ardent, une âme aimante, avec la disposition à se compter pour rien, à disparaître volontiers, à s’immoler pour Jésus Christ. [1]


Sainte Marie-Eugénie de JésusRetour ligne manuel
Fondatrice des Religieuses de l’AssomptionRetour ligne manuel
D’après plusieurs instructions de chapitre


[1Instruction de chapitre du 10 août 1884



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