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04 - La rénovation des voeux

Temps liturgiques : Avent
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Dans les méditations que vous faites au moment où nous nous préparons à célébrer le mystère de la naissance de notre Seigneur, tenez-vous-en à cette recommandation que les saints ont faite de considérer ce mystère comme s’étant accompli pour vous en particulier. Rien ne touche plus profondément l’âme que de se dire : "C’est pour moi que notre Seigneur vient sur la terre. C’est pour moi qu’il se fait petit enfant. C’est pour moi qu’il apporte le pardon et la paix."

Sans aucun doute notre Seigneur vient pour tous les pécheurs et pour tous les hommes en général. Cependant il vient d’une manière toute spéciale pour vous en particulier. C’est pour vous qu’il a accompli ses mystères de l’Incarnation, de sa vie cachée dans le sein de Marie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem. Or, il le fait par amour. Quel amour infini, quel amour de choix, quel amour de préférence que celui qui l’a fait venir au monde pour vous ! Que de grâces, que de pardons, que de miséricordes il apporte avec lui, et quelles ne doivent pas être votre espérance et votre confiance !

Je vous engage à relever beaucoup votre espérance et votre
confiance en Dieu auprès du saint Enfant Jésus. Il semble étrange de le dire, mais souvent les âmes consacrées à Dieu, étant très pénétrées de sa grandeur, de sa pureté, de la misère profonde du moindre péché, de l’ingratitude qu’il y a à ne pas servir Dieu comme il le mérite, n’ont pas assez de confiance dans les pardons continuels de notre Seigneur. Jésus accorde le pardon par les sacrements. Il l’accorde par sa présence. Partout où Jésus vient, il chasse le péché. On a dit que si le péché avait jamais été dans la maison de Marthe et de Lazare, il s’est enfui quand Jésus-Christ y est entré. Madeleine a été pardonnée. Si Lazare était pécheur, ce que quelques Pères semblent déduire de la lèpre dont il était couvert, une fois Jésus-Christ entré, le péché s’est enfui.

Eh bien, notre Seigneur vient prendre naissance parmi nous sur l’autel toutes les fois qu’on célèbre le saint sacrifice de la messe. Lui arrivant, tout péché doit s’enfuir. Il doit s’enfuir de vos dispositions, de vos pensées, de l’état profond et intime de votre âme.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Il y a deux choses dans l’âme : il y a l’état où elle est et les imperfections et les faiblesses dans lesquelles elle tombe. C’est l’état qu’il faut rendre aussi droit, aussi fidèle, aussi éloigné de toute espèce de péché que possible. Ceci n’empêche pas les chutes.

Par exemple, vous ne conservez aucune affection pour
l’impatience. Vous avez détruit soigneusement les inclinations d’amour-propre, de domination, d’attachement à ceci ou à cela qui peuvent y donner lieu, mais voilà qu’une circonstance imprévue se présente, vous êtes surprise et vous faites un acte d’impatience. Ce n’est pas là l’état de votre âme, c’est une chute. Dès que vous vous en apercevez, vous la regrettez, vous en demandez pardon à Dieu, vous prenez une ferme résolution de renoncer à telle ou telle occasion qui pourrait vous faire retomber. Et ainsi, malgré une faute légère ou de fragilité, l’état de votre âme reste droit envers Dieu, éloigné de tout ce qui peut l’offenser, disposé à suivre Jésus-Christ en tout.

Faites donc attention à l’état de votre âme ; n’y conservez aucune des traces de l’amour-propre, aucun des restes de la volonté propre, aucune espèce d’attache. Nous en avons tous hélas ! Mais il faut ne pas en avoir pour n’être attaché qu’à notre Seigneur Jésus-Christ.

Ainsi, mes filles, vous vous préparerez à la rénovation de vos voeux. Je voudrais surtout que chacune d’entre vous renouvelle très sérieusement son voeu d’obéissance. C’est celui qui coupe court à toutes les attaches. Une personne profondément obéissante, vraiment livrée à l’obéissance pour tout ce qui peut lui être demandé, n’a pas d’attaches. Elle ne tient ni à une maison, ni à une autre, ni à tel emploi, ni à l’absence d’emploi, ni à sa tranquillité, ni à son honneur : elle est prête à toutes les volontés de Dieu, quelles qu’elles soient et dans quelque sens qu’elles se présentent à elle.

Préparez ainsi votre cœur, mes chères filles, afin que Jésus venant en vous ce soir trouve une âme libre d’elle-même, libre des choses créées, dégagée de toute attache et vraiment prête par le vœu d’obéissance à faire tout ce qui lui est agréable, quoique son propre esprit puisse en penser, et, par conséquent, une âme charitable. Dans le dégagement de soi on trouve la charité et l’accord avec le prochain. Que peut vous faire le prochain ? Il peut, sans le vouloir, vous causer quelque souffrance, vous attirer quelque humiliation. Dès que nous voulons bien cette souffrance, dès que nous acceptons cette humiliation, il n’y a plus de contradiction.

L’âme vraiment détachée est d’accord avec Dieu, elle l’est avec le prochain ; et ainsi elle est prête à recevoir Jésus-Christ qui vient établir le règne de la volonté de son Père. Tu n’as voulu ni offrande ni holocauste, dit-il en entrant au monde, par la bouche de son prophète : Voici que je viens, ô mon Dieu, pour faire ta volonté. Plus tard, il dira : Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. Ce qui plaît à mon Père, je le fais toujours. Et par suite de cet abandon complet à la volonté de son Père, de cette union complète à la volonté de son Père, il vient établir, avec l’amour de Dieu, l’amour du prochain : Je vous donne un commandement nouveau, c’est que vous vous aimiez les uns les autres.

Cherchez à vous établir dans ces dispositions pour que ce soir dans la communion que vous ferez et dans les voeux que vous renouvellerez, vous puissiez donner à notre Seigneur Jésus-Christ une âme dégagée d’elle-même, une âme pure, une âme de bonne volonté, à qui les anges annoncent la paix, une âme enfin qui peut tout espérer de Dieu, parce que, si elle a des faiblesses et tombe quelquefois, elle n’a au moins aucune volonté, aucune affection qui soit séparée des affections et des volontés que notre Seigneur veut mettre en elle et dont il est le modèle.

Ce que je dis là, mes filles, s’adresse aussi aux novices ; car elles ont à offrir leur coeur dans des dispositions semblables à celles des professes, puisqu’elles aspirent à faire les mêmes voeux.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
Extraits d’une instruction de chapitre du 24 décembre 1876

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