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 ::02 :: Sur la paille

INCARNATION


Chacun de nous peut considérer les mystères de la vie de notre Seigneur comme accomplis pour lui tout seul. Ce que notre Seigneur fait pour toutes les âmes, il le fait pour la nôtre en particulier. Dans un amour éternel pour nous, il s’est fait homme. Pour nous il s’est caché dans le sein de la Vierge Marie. Pour nous il est né dans une étable. Notre reconnaissance grandit, en nous appliquant personnellement ce qu’il a fait. Quel est donc celui qui est descendu sur un peu de paille ? Celui qui, comme le chante l’Eglise, n’a pas eu peur du sein d’une Vierge et s’est fait homme. Eh bien, c’est le Fils unique de Dieu, la seconde personne de la sainte Trinité, celui par qui tout a été fait, celui qui jugera les vivants et les morts. Celui qui est la sagesse infinie, la perfection infinie, l’être souverain. Voilà celui qui s’abaisse et se fait enfant. Quand il est descendu sur la terre, aurait-il été excessif de le recevoir dans des basiliques comme Saint-Pierre de Rome, la cathédrale de Reims, Notre-Dame de Paris, ou tout ce que nous pouvons imaginer de plus grand et de plus beau ? Certainement, ce n’aurait pas été de trop pour le roi des siècles, et plus tard on lui a, en effet, bâti ces temples magnifiques. Si Jésus, descendant du ciel, avait été reçu dans Saint-Pierre de Rome, si les hommes s’étaient entendus et avaient programmé ce qu’il y a de plus grandiose pour acclamer sa venue, cela aurait encore été disproportionné avec ce qu’il est. Mais enfin, il y aurait eu quelque convenance, on aurait dit : "Les hommes font ce qu’ils peuvent, bien qu’ils n’aient pas de grands moyens." Mais non, c’est dans un lieu absolument délaissé, sur un peu de paille, dans une étable, dans un lieu destiné aux animaux, que Jésus Christ a été reçu. C’est là tout ce que la terre a su lui offrir. Il l’a voulu, il l’a accepté. C’est par un dessein de sa sagesse que les choses se sont passées ainsi. C’est lui qui a voulu descendre à cet extrême abaissement. Quelle est donc cette sagesse infinie qui préfère le plus grand abaissement, le plus grand dénuement, la plus grande humiliation, qui préfère être le dernier de tous ? C’est la sagesse de notre Dieu. - pourquoi cette sagesse a-t-elle si peu d’échos en nous ? Quand nous rêvons, il est bien rare que nos désirs nous portent de ce côté.


Combien sont-ils ceux qui désirent être repoussés et rejetés de tous, dans un délaissement complet, dans une misère absolue, dans l’état où était notre Seigneur quand il est né ? Car “il n’y avait pas de place pour lui dans la salle commune” (Lc 2,7). Dans toutes les maisons de Bethléem, il n’y avait de place ni pour lui, ni pour la sainte Vierge, cette merveille de grâce, ni pour saint Joseph, le protecteur de la sainte Famille, celui qui a été honoré de la mission la plus grande sur la terre : l’éducation de Jésus Christ. On ne voulait pas d’eux. On disait : "Qui sont ces gens-là ? Pourquoi les recevoir ? La maison est pleine. Allez-vous-en !" On les a délaissés, méprisés. N’ayant pas de lieu où se retirer, ils ont trouvé un endroit abrité qui donne ouverture à une cave, comme on en voit encore en Palestine. C’est là que Marie a donné naissance à Jésus. Entre un âne et un bœuf, et peut-être d’autres animaux, elle a mis au monde notre Seigneur, l’a placé sur un peu de paille, et enveloppé de pauvres langes. Là il a souffert la pauvreté et le délaissement le plus extrême ! Là, il est vrai, les anges ont chanté : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté”(Lc 2,14). C’était par le sacrifice continuel que notre Seigneur venait faire de lui-même, qu’il a donné gloire à son Père et apporté la paix aux âmes de bonne volonté. Il est bon de se représenter cela, de se dire que c’est pour nous que notre Seigneur l’a fait. Je suppose que nous ayons l’occasion d’être méprisé, oublié, ou au moins d’être traité comme sans valeur dans notre entourage, il faut nous dire : “Quelle proportion y a-t-il entre Dieu et moi ? Si Jésus, le Fils de Dieu fait homme, à qui sont dus tout honneur et toute gloire, a voulu pour mon amour être méprisé et repoussé des hommes qu’il venait sauver, que ne dois-je pas accepter, moi pécheur ?” Jésus Christ s’est mis pour nous dans cette parfaite dépendance : on fait de lui tout ce qu’on veut ! C’est vrai encore tous les jours à la sainte messe. Regardez quelle est la dépendance dans laquelle il vit dans la sainte hostie. Le prêtre la prend, la pose, la donne à qui il veut. C’est la dépendance de l’enfant enfermé dans les langes. De sa naissance jusqu’à sa mort, Jésus Christ a toujours enduré, toujours souffert. Il a toujours été contredit, il a toujours obéi, toujours dépendu. Il s’est toujours offert. Il a toujours prié. Il a toujours été victime de propitiation. Il s’est toujours placé entre la terre coupable et son Père, comme une offrande choisie.


D’après un chapitre du 12 décembre 1886
de sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption

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