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 ::01 :: Grandeur de l’existence humaine

INCARNATION

L ’Enfant Jésus dans sa crèche est l’Eternel, le Tout-Puissant. Celui qui est là si petit, est le roi immortel des siècles. Il l’était bien avant que nous n’existions, et il le sera encore, quand notre petite existence à nous sera terminée.

C’est ce qui fait scandale : croire que le Dieu tout-puissant, l’Eternel, le créateur du ciel et de la terre, principe et fin de toutes choses ait daigné s’unir à une nature humaine et goûter à toutes les misères d’une vie, telle qu’il l’a choisie parmi les hommes, c’est-à-dire la plus humble, la plus ordinaire et la plus dédaignée.

Si Dieu avait paru sur la terre dans une majestueuse puissance, telle que les Juifs la rêvaient pour le Messie, peut-être accepterait-on qu’il y ait en lui quelque chose de divin. Mais ce Dieu dans la pauvreté, dans l’abaissement, dans la faiblesse d’un enfant, voilà ce qu’on ne veut admettre.

En conséquence, si Dieu a mis en honneur l’existence de l’homme, quelle importance ne devons-nous pas attacher à la nôtre, et à chacun de ses instants, puisqu’elle a été assez précieuse aux yeux de Dieu, pour qu’il l’ait payée du sang de son Fils, et pour que ce Fils se soit mis, pour chacun de nous, dans cet état de servitude et d’infériorité !

Certainement, un homme qui pense, qui vit, qui aime est important, même aux yeux des autres. Remarquez quelle ardeur on met actuellement à étudier les sciences humaines. Qu’est-ce qui occupe la fiction, le théâtre, la conversation, l’Histoire ? C’est toujours quelque existence humaine dans ses péripéties, ses difficultés, ses joies. Or, toutes les existences humaines, même les plus anodines, les plus obscures et les plus méprisées, ont leur somme d’émotions, de pensées, de souffrances, de joies, quelque chose enfin qui pourrait attirer le regard de l’homme, s’il les connaissait parfaitement.

L’homme ne s’y arrête pas, parce qu’il n’y voit rien que d’ordinaire, mais Dieu, qui a créé la nature humaine et l’a faite à son image, aime

cette œuvre de ses mains. Il n’est pas nécessaire pour attirer son regard et son amour d’être doué de beauté, de grandeur, d’intelligence, de tout ce qui intéresse la littérature et captive l’attention de l’homme. L’existence la plus humble, la plus obscure, la plus marginalisée a pour lui un intérêt profond, il en suit tous les mouvements, il en observe toutes les phases.

Il est l’ami qui connaît nos joies et nos douleurs, et qui comprend toutes nos émotions. Si les hommes peuvent être touchés jusqu’aux larmes à la vue des souffrances d’un enfant, que n’en est-il pas de Dieu qui est notre Père et notre Créateur, et qui suit chacun de nous avec bien plus d’amour !

Cet intérêt si grand, cet amour si profond s’accroît encore, quand de l’ordre naturel nous passons à l’ordre surnaturel. Dès le commence-ment, Dieu a ajouté à tous les dons de la vie humaine une vie surnaturelle par laquelle la créature peut s’élever à l’intimité avec Dieu. Après avoir donné la nature à Adam, Dieu lui a départi la grâce. Dès lors, l’homme a été rendu capable d’être enfant de Dieu, de posséder Dieu, de vivre avec Dieu, d’arriver un jour à voir Dieu face à face.

Personne n’attache à son existence autant d’importance que Dieu y attache. Dieu a un regard constant, sur chacun de nous, et voit tout ce qui se passe dans notre cœur, notre volonté, notre esprit. Tous les instants de notre vie sont précieux à ses yeux. Ne les gaspillons donc pas en vains amusements.

D’après un chapitre du 28 décembre 1879
de Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption


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